14
Apr
2015
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Vendredi Lecture, ou le partage littéraire 2.0

Vous avez peut-être remarqué ce hashtag qui fleurit chaque vendredi sur les réseaux sociaux : #VendrediLecture. Et surprise, il fait souvent partie des sujets de conversation les plus populaires sur Twitter, aux côtés de la dernière chanson de Justin Bieber ou de l’actualité politique. On a été voir ce qui se cache derrière ce mystérieux hashtag, et on n’a pas été déçu du voyage.

Vendredi 10 avril 2015, 7h30 du matin. On ouvre Twitter pour lire les infos du jour. On tombe sur ce tweet :

On découvre alors que le vendredi, les twittos partagent leurs lectures. Cette semaine-là, ils étaient plus de 2000. Mais qui est derrière ce complot littéraire ? On tombe alors sur ce compte Twitter :

C’est donc l’association VendrediLecture qui est à la manoeuvre, et qui fait vivre chaque semaine une véritable conversation littéraire sur les réseaux sociaux. On décide alors de rencontrer la présidente de l’association, Nathalie Manceau, pour en savoir plus. Elle explique :

VendrediLecture, c’est la version francophone de FridayReads, qui existe depuis 2009. Cela a été importé en France par deux blogueuses en 2011, puis c’est devenu une association en 2013. Nous sommes désormais 13 bénévoles.

Partage littéraire, plaisir de la lecture, jeux avec les mots et l’histoire de la littérature, les objectifs de #VendrediLecture sont variés. Une sorte de club de lecture 2.0 ?

Oui en quelque sorte, sauf que les gens ne donnent généralement pas leur avis. Ils partagent ce qu’ils lisent et nous faisons un classement des livres les plus lus chaque semaine. Le 3 avril par exemple, Stephen King arrivait en tête. Le classement varie en fonction de l’actualité littéraire, des adaptations cinématographiques… Et on remarque que les classiques sont toujours très présents.

De quoi donner du fil à retordre à ceux qui annoncent la mort du livre et la disparition des lecteurs. Dans une tribune, Gérard de Cortanze, écrivain et critique littéraire, prétend que pour défendre la lecture il faut “lutter contre la numérisation”. C’est même le combat du collectif “Livres de Papier”. Nathalie Manceau est loin de partager cette conviction :

Il n’y a pas de désintérêt pour la lecture, c’est simplement que la manière de lire change, les gens ne lisent pas forcément comme avant. Il y a les livres numériques, les blogs où de jeunes auteurs s’auto-publient. L’appétence pour le livre se transforme.

S’il est vrai que le temps passer à lire baisse, les réseaux sociaux ne sont pas forcément un ennemi de ce passe-temps. Des initiatives comme celles de #VendrediLecture changent le regard sur la lecture et valorisent cette activité. Les mises en scène de livre sur Instagram peuvent paraître étranges, mais mine de rien, elles magnifient le livre, en font un objet qui dit quelque de soi aux autres. La lecture devient sociale.

A cette dimension sociale s’ajoute une dimension ludique, que Nathalie souligne :

Nous aimons organiser des jeux autour de la lecture, et c’est quelque chose que nous voulons développer encore plus.

Vendredi Lecture, c’est en somme une réinvention moderne du salon littéraire du XVIIIe. Une activité sociale à part entière, le partage ayant un rôle de prescription et de recommandation auprès de ses amis. Les blogs et les réseaux sociaux capturent le lecteur autrement, par des dispositifs communautaires délinéarisés.

Au terme de cette petite enquête, on est donc conquis et on décide de participer sur Twitter avec le hashtag #VendrediLecture. Avant d’aller acheter un autre livre, quelques heures plus tard, dans une librairie. Et on aurait presque envie que vendredi, ce soit tous les jours !

2 Responses

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